dégourdir


dégourdir

dégourdir [ degurdir ] v. tr. <conjug. : 2>
XII e; de dé- et gourd
1Faire sortir de l'engourdissement. désengourdir. « Cela vous réchauffera les pieds et dégourdira les jambes » (Gautier). Se dégourdir les jambes en marchant.
2Vieilli Dégourdir de l'eau, la chauffer légèrement ( n. m. dégourdissage ).
3Fig. Débarrasser (qqn) de sa timidité, de sa gêne. délurer, déniaiser, dessaler.
4SE DÉGOURDIRv. pron. Se dégourdir après deux heures de voiture.
Fig. « Il allait avoir seize ans vers la fin d'août, il était temps pour lui de se dégourdir un peu » (Larbaud).
⊗ CONTR. Engourdir.

dégourdir verbe transitif Rendre le mouvement à un membre engourdi : Dégourdir ses mains engourdies par le froid. Vieux. Faire chauffer légèrement de l'eau, un liquide, les faire tiédir. Faire perdre à quelqu'un sa gaucherie, la timidité qui le paralyse : Les vacances à l'étranger l'ont dégourdi. Opérer le dégourdi. ● dégourdir (synonymes) verbe transitif Rendre le mouvement à un membre engourdi
Contraires :
Faire chauffer légèrement de l'eau, un liquide, les faire tiédir.
Synonymes :
- tiédir
Faire perdre à quelqu'un sa gaucherie, la timidité qui le...
Synonymes :
- décrasser
- dégauchir
- dégrossir
- délurer

dégourdir
v. tr.
d1./d Faire cesser l'engourdissement de. Dégourdir ses doigts avant de se mettre au piano.
|| v. Pron. Se dégourdir les jambes.
d2./d Faire chauffer légèrement. Dégourdir de l'eau.
d3./d Fig. Faire perdre sa gaucherie, sa timidité à (qqn). Ce voyage va le dégourdir.
v. Pron. Il s'est dégourdi.

I.
⇒DÉGOURDIR1, verbe trans.
[Le compl. désigne un être ou un obj. immobilisé, inerte ou froid] Redonner vie, mouvement ou chaleur à.
A.— [Le compl. est un nom de chose]
1. [Le compl. désigne le corps hum. ou une de ses parties] Éliminer, faire cesser l'engourdissement. Dégourdir son genou, ses jambes, ses doigts. Synon. réchauffer. La bonne chaleur du feu eut tôt dégourdi ses membres ankylosés (FOCH, Mém., t. 1, 1929, p. 31). Je désapprouve le bain d'eau chaude pour dégourdir la main; c'est le bain de « sable » chaud qu'il faut (GIDE, Corresp. [avec Valéry], 1942, p. 526).
[Avec un pron. réfl. compl. indir. et parfois un compl. d'obj. dir. désignant un membre] Se dégourdir les jambes, les doigts; se frotter les mains pour se les dégourdir; aller se dégourdir; marcher, faire un tour sur la route pour se dégourdir.
P. anal. Les autres (...) s'en furent chez les marchands de vin pour se dégourdir le nez à la vapeur des punchs (COURTELINE, Ah! Jeun., 1890, 2, p. 215). La ville commençait de se dégourdir en grognant (DUHAMEL, Cécile, 1938, p. 258).
Au fig. Les sens reposés se dégourdissent peu à peu (JOUFFROY, Mél. philos., 1833, p. 239). La plupart, pour se dégourdir, corsent le jus d'un petit rhum ou d'un cognac (DABIT, Hôtel Nord, 1929, p. 48).
2. P. métaph. ou au fig.
a) [Le compl. est un nom de chose concr.] Mettre en mouvement, en activité. Laissez-moi dégourdir vos petites économies (REYBAUD, J. Paturot, 1842, p. 260). Heureuse de trouver enfin une occasion de dégourdir un peu sa petite langue (SAND, Consuelo, t. 1, 1842-43, p. 194) :
1. Un perron (...) offre un siège naturel aux commères qui y passent de longues heures à dégourdir leurs langues...
FABRE, Barnabé, 1875, p. 230.
b) [Le compl. est un nom abstr.] Dégourdir les idées. Dégourdir les esprits routiniers (DELÉCLUZE, Journal, 1827, p. 369). Vous avez (...) une pratique du mariage qui doit dégourdir mon innocence de célibataire (MAUPASS., Bel-Ami, 1885, p. 215) :
2. Depuis deux jours, l'aspect de ce jeune homme avait éveillé dans son cœur [de Marguerite] des sentiments inconnus, et dégourdi dans son intelligence des pensées jusqu'alors inertes.
BALZAC, La Recherche de l'absolu, 1834, p. 210.
B.— Fam. [Le compl. désigne un nom de pers.]
1. Débarrasser (quelqu'un) de sa gaucherie, de sa timidité; faire acquérir de l'aisance, voire de la hardiesse. Paris le dégourdissait trop (ZOLA, Page amour, 1878, p. 957). Une technique sociale destinée à dégourdir l'adolescent, à l'armer des réflexes rapides, des gestes mesurés (BLOCH, Dest. du S., 1931, p. 126). C'est une aventure qui a beaucoup dégourdi ces gens-là (ANOUILH, Répét., 1950, IV, p. 103).
Emploi pronom. réfl. Si tu ne réussis pas à te dégourdir un peu, tu es immariable (BUTOR, Passage Milan, 1954, p. 36). D'après ses lettres suivantes elle eut vite fait de se dégourdir. Elle suivait des cours à l'Université, elle allait au concert (BEAUVOIR, Mém. j. fille, 1958, p. 302).
2. Spéc. [Dans les jeux de l'amour] Synon. fam. déniaiser. Quelque coquette qui s'amuse à dégourdir Trissotin (PAILLERON, Âge ingrat, 1879, I, 9, p. 42).
Emploi pronom. réfl. Synon. se déniaiser :
3. ... il allait avoir seize ans vers la fin d'août; il était temps, pour lui, de se dégourdir un peu. Il se rappelait (...) une petite bonne...
LARBAUD, Fermina Marquez, 1911, p. 179.
Prononc. et Orth. Cf. dégourdir2. Étymol. et Hist. Cf. dégourdir2. Fréq. abs. littér. :86.
II.
⇒DÉGOURDIR2, verbe trans.
A.— TECHNOL. Dégourdir une pièce de poterie. La faire cuire en dégourdi (cf. dégourdi2 III), c'est-à-dire la soumettre à une première cuisson assez légère. Les objets à cuire sont mis dans des enveloppes en terre réfractaire et placés dans le compartiment inférieur. L'étage supérieur reçoit les pièces à dégourdir et les enveloppes qui n'ont pas été cuites (SER, Phys. industr., 1890, p. 557).
B.— P. ext. Chauffer légèrement. Faire dégourdir l'eau. Les poêles (...) ne tiraient pas; impossible de dégourdir la température à dix degrés (FRAPIÉ, Maternelle, 1904, p. 144).
Prononc. et Orth. :[], (je) dégourdis []. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. [1391 anthropon. Jehan le Desgourdi (Le saint voyage de Jherusalem du seigneur d'Anglure, éd. F. Bonnardot et A. Longnon, p. LXIX : Jehan le Desgourdi)]; 1. ca 1442 « faire sortir de l'engourdissement » (MARTIN LE FRANC, Champion des Dames, ms. Paris, Arsenal 3121, f° 110b ds GDF. Compl.); 2. 1588 « rendre moins gauche, moins timide » (MONTAIGNE, Essais, 1. 3, chap. V, éd. A. Thibaudet, p. 999); 1611 part. passé adj. « vif, alerte » (COTGR.); 3. a) 1694 « faire tiédir de l'eau » (Ac.); b) 1782 part. passé subst. « pièce de poterie soumise à une première cuisson » (Journal de l'agriculture, p. 106 ds DG). Dér. de gourd; préf. dé-; dés. -ir; formé comme anton. de engourdir. [Ca 1195, desgurdi « amaigri (?) » (AMBROISE, Hist. de la guerre sainte, Vat. Chr. 1659, f° 12b ds GDF.; G. Paris, v. T.-L., s.v. engordir, préfère à cette leçon du ms. le mot engurdi), cf. l'a. prov. gort « gros, épais » (fin du XIIe s., BERTRAN DE BORN, Escondich, 42 ds APPEL, p. 76). Cf. aussi desgordeli « actif, prompt » (fin du XIIIe s., J. DE MEUN, Testament, éd. D. M. Méon, 267)]. Fréq. abs. littér. :2.

dégourdir [deguʀdiʀ] v. tr.
ÉTYM. XIIe; de 1. dé, et gourd.
1 Faire sortir de l'engourdissement. (Le compl. désigne une partie du corps). || Dégourdir ses jambes, en prenant de l'exercice. Dérouiller. || Dégourdir ses doigts, ses mains, en les réchauffant.
1 Quand nos doigts engourdis de froid ne pouvaient plus tenir la plume, la flamme de la lampe était le seul foyer où nous pouvions les dégourdir.
Marmontel, Mémoires, I.
2 (…) ne vous conviendrait-il point de descendre et de mettre votre bras sur le mien pour faire quelques pas ? Cela vous réchauffera les pieds et dégourdira les jambes.
Th. Gautier, Capitaine Fracasse, t. II, XV, p. 152.
Fig. || Dégourdir sa langue : parler.
2 Par ext. (vx ou régional). || Dégourdir, faire dégourdir de l'eau, la chauffer légèrement.
3 Toutes les fois qu'Émile aura soif, je veux qu'on lui donne à boire; je veux qu'on lui donne de l'eau pure et sans aucune préparation, pas même de la faire dégourdir, fût-il tout en nage, et fût-on dans le cœur de l'hiver.
Rousseau, Émile, II.
Techn. Faire cuire (une poterie) au dégourdi.
3 Fig. Débarrasser (qqn) de sa timidité, de sa gêne. || Dégourdir un collégien de sa gaucherie. Dégauchir, délurer, déniaiser, dessaler.
4 C'est un nigaud qui est frais émoulu de la province, vous me le dégourdirez, cousin (…)
Dancourt, Vend. de Surène, 12, in Littré.
5 J'eus bientôt fait connaissance avec des jeunes gens qui me dégourdirent, et m'aidèrent à manger mes ducats.
A. R. Lesage, Gil Blas, V, I, p. 279.
tableau Verbes exprimant une idée de mouvement.
——————
se dégourdir v. pron.
1 Éliminer l'engourdissement de (son propre corps; faux pron. : une partie du corps). || Se dégourdir (les jambes) en marchant. Dérouiller (se). || Il faut vous dégourdir un peu. Secouer (se).
6 Te voilà sur tes pieds droit comme une statue.
Dégourdis-toi. Courage ! allons, qu'on s'évertue.
Racine, les Plaideurs, III, 3.
7 En voyant Sigognac marcher à côté de la charrette, Isabelle se plaignit d'être mal assise et voulut descendre pour se dégourdir un peu les jambes (…)
Th. Gautier, Capitaine Fracasse, t. I, II, p. 70.
2 Se déniaiser. || Ce garçon commence à se dégourdir un peu.
8 Justement, il allait avoir seize ans vers la fin d'août, il était temps, pour lui, de se dégourdir un peu.
Valery Larbaud, Fermina Marquez, XVII, p. 205.
——————
dégourdi, ie p. p. et adj.
1 Libéré de son engourdissement. || Doigts dégourdis.Eau dégourdie, légèrement chauffée.Par métaphore :
9 (…) il y a pourtant sous l'eau à peine dégourdie du style d'intéressantes observations, de savoureuses gloses (…)
Huysmans, En route, p. 166.
2 (Personnes). Qui n'est pas gêné pour agir; qui est habile et actif. || Un gosse dégourdi. || Il n'est pas très dégourdi. Malin.
10 Landry s'en aperçut très bien; car depuis que la petite Fadette s'en mêlait, il était singulièrement dégourdi d'esprit.
G. Sand, la Petite Fadette, XXI, p. 151.
N. || C'est un dégourdi.Iron. || En voilà un dégourdi ! || Quelle dégourdie !
CONTR. Engourdir, geler. — Engourdi, gauche, lourd, maladroit, niais, timide.
DÉR. Dégourdissement.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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